Espace d'un temps qui nous ramène à un tout. L'autre l'exhorte, le fait ramper pour oublier sa rigidité et la fascination qu'il entraîne. La solidité de ce tout happe l'imaginaire qui le tend vers un ailleurs déstructuré, le rendant libre et évanescent. Jamais le mur ne fait rempart. Il obstrue, crée un manque qui vacille par le fantasme. Ce mur devient fenêtre. La pensée s'adapte à cet espace frustrant. Apprend à l’écouter, à le sentir, à être enfermé pour finir par l'adopter. Cette sensation d'enfermement le rassure et cet extérieur l'inquiète. L'ignorance du lieu d'où il vient se consume dans ce vide délimité. Cet oubli ne peut le perturber, il lui promet un apaisement sincère, une froideur amicale qui le réconfortera quand la connaissance manquera.

Le béton poussiéreux se démenait pour sortir de ce mur lisse, si droit et si dur qu'il gémissait de douleur tant s'extraire de lui était pesant. Il fallait rompre sa structure rigide avec son passé vieillissant et dégradant. Son plâtre était devenu un amalgame de cendres qui par sa force antérieure repoussait les limites du présent et s'échappait de cette architecture oppressante. L'intérieur de la pièce le guidait et l'entraînait dans ces méandres futurs.

L'instant sans durée. Il stagne. Il affronte le moment. Le temps ne compte pas. Il n'a pas peur. Il assume son incertitude qui le fait exister. Nier devient un comble. Il agace l'heure. Il jouit de cet agacement. Sa liberté de venir quand il le désire l'excite. Cet espace qu'il se crée dans ce non lieu , dans cette non chose, retarde le temps. Cette errance latente donne à voir ce que lui même ne voit pas. Il sait simplement qu'il doit être là. Il révèle. Mais quoi ? Pourquoi ? Il s'en moque. Il rigole de cette question qu'il pose au temps. Cette question qu'il n'a même pas choisi de poser. Il sait qu'il perturbe. De cette manière il se sent utile. Il ne connaît pas son début ni sa fin. C'est pour cela qu'il apprécie tellement ce moment. Cette non-existence qui est pourtant bien réelle.

Jalousé de tous, le roi ne pouvait prétendre à une mystification de son incrédulité. Le coin de sa chambre laissait échapper à travers un opercule noir un rayon de soleil vert. Le trône de son casse-tête ne cessait de s'accroître tant la coulée de lave devenait importante. Les carcasses de jonquilles s'évaporaient dans l'espace pour se divertir d'un tumulte enneigé et dénigré. Il en avait assez de se pavaner dans son palais désaffecté de toute humanité. La dignité que son statut imposait ne lui permettait pas de piquer une colère. Il s'allongeait, apaisait les palpitations ardentes de son cœur et dévalait la cour avec ses échasses de monstre. Elles étaient rangées dans son placard minimal où la poussière d'or recouvrait les objets, laissant croire au royaume qu'il y avait de la grâce dans la saleté. Éparpillés dans ce placard atrophié, les objets disparaissaient laissant place au mystère du règne.

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